Emprunt (nom masculin, subst. masculin)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom masculin |
XII e siècle. Déverbal d' emprunter.
1. Action d'obtenir un objet ou une somme d'argent à titre de prêt ; résultat de cette action. Faire l'
2. . . Le fait de prendre, chez un auteur ou dans une œuvre, des idées, des thèmes, des effets. Les
3. Le fait, pour une langue, de s'approprier les mots d'une autre langue ; par méton., le mot ainsi incorporé. Une langue vit aussi d'emprunts. « Algarade » est un
4. Loc. D'emprunt, qui a été pris à d'autres personnes pour un emploi déterminé. Meubler un salon avec un mobilier d'emprunt. Par ext. Artificiel, factice. Il montre une érudition d'emprunt. Une beauté d'emprunt, qui n'est pas naturelle. Prendre un nom d'emprunt, un faux nom grâce auquel on préserve son incognito. Voyager sous un nom d'emprunt. Loc. adv. Class. Par
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Action d'emprunter ou la Chose qu'on
Il se dit spécialement des Capitaux
Fig., "Beauté d'emprunt, vertus d'emprunt, etc.," Beauté qui n'est point naturelle, vertus dont on n'a que l'apparence, etc.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 L'action d'emprunter ; la chose
VOIT.: « Je suis arrivé en un pays où l'on ne parle ni d'édits de subsides, ni d'emprunts sur le peuple »
SÉV.: « L'
BOSSUET: « Ce qu'ils trouvaient le plus lâche après le mensonge, était de vivre d'emprunt »
Terme de finance. Il se dit des sommes qu'un gouvernement, une commune, une grande entreprise obtient par les souscriptions volontaires des particuliers, à la condition d'en servir les intérêts.
Emprunt forcé, somme qu'un gouvernement lève par
Emprunt forcé se dit aussi, entre particuliers, d'un prêt qu'on ne veut pas ou ne peut pas refuser.
Caisse d'emprunt, caisse qui fut établie à Paris de 1673 à 1716, et où chaque particulier était admis à faire valoir ses fonds.
2 Fig. Cet auteur a soin de cacher les
CORN.: « Elle me dédaigne, et me préfère un autre Qui n'a pour tout pouvoir qu'un faible
BOSSUET: « Cette nature abondante ne refuse pas d'aller à l'emprunt »
D'emprunt, loc. adj. Factice, qui n'est pas propre au sujet. Érudition d'emprunt. Esprit d'emprunt.
REGNARD: « ....L'une paraît gentille, Pour savoir se servir d'une beauté d'emprunt, Mettre un visage blanc sur un visage brun »
Par
BOSSUET: « Ils n'ont tenu la puissance que par
VOLT.: « J'ai encore une chose à vous dire, dans ma confession générale, c'est que je n'ai jamais été gai que par
3 Sorte de jeu de cartes à 3, 4, 5 ou 6 personnes, et qui se joue avec des jeux de cartes complets, ou jeux de 52 cartes.
4 Terme d'eaux et forêts. Arbre d'emprunt, arbre d'une ancienne vente, marqué pour servir de pied-cornier à une vente nouvelle.
HISTORIQUE
XIIIème siècle
Ass. de Jér. I, 193: Celui de qui la chose est, et à qui l'on la requiert à emprest, ne la prestera ja se il ne viaut [veut]
XVème siècle
FROISS.: « Toutes voies il considera que le couroucer ne lui pouvoit rien valoir ; si en fit le meilleur semblant comme il put, par
ÉTYMOLOGIE
Voy. EMPRUNTER ; provenç. emprumpt.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE EMPRUNT. Ajoutez :
5 Terres d'emprunt, terres qu'on enlève dans le voisinage pour faire un remblai ou autre travail, etc.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Action d'emprunter, ou La chose qu'on
Fig., "Beauté d'emprunt, vertus d'emprunt, etc.," Beauté qui n'est point naturelle, vertus dont on n'a que l'apparence.
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Subst. masculin |
L'action d'emprunter, ou la chose qu'on
On dit figurément, "Une beauté d'emprunt, des vertus d'emprunt," pour dire, Une beauté qui n'est point naturelle, des vertus dont on n'a que l'apparence.
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
L'action d'emprunter, & la chose qu'on
On dit figurément, "Une beauté d'emprunt, des vertus d'emprunt," pour dire, Une beauté qui n'est point naturelle, des vertus dont on n'a que l'apparence.
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Subst. masculin |
["An-preun": 2 longues.] Il se dit de l'action d'emprunter et de la chôse qu'on
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Subst. féminin |
L'action d'emprunter, & la chose qu'on
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)...n'est pas sienne. C'est la société, c'est la race qui agissent en lui et par lui ; il n'est que l'intermédiaire par lequel elles se réalisent. Sa liberté n'est qu'apparente et sa personnalité d'emprunt. Parce que la vie de ces sociétés est, à certains égards, moins régulière, on s'imagine que les talents originaux peuvent plus aisément s'y faire jour, qu'il est plus facile à chacun d'y suivre ses...
Citation n°2 de Jules LAFORGUE (L'Imitation de Notre-Dame la Lune)
...en croix, vends-moi donc une bonne fois la raison d'être de ton sexe ! IV tu dis que mon coeur est à jeun de quoi jouer tout seul son rôle, et que mon regard ne t'enjôle qu'avec des infinis d'emprunt ! Et tu rêvais avoir affaire à quelque pauvre in-octavo... hélas ! C'est vrai que mon cerveau s'est vu, des soirs, trois hémisphères. Mais va, l'oeillet de tes vingt ans, je l'arrose aux plus belles...
Citation n°3 de Eugène VOGÜÉ (Les Morts qui parlent)
...ses accusateurs, égaya l'assemblée en présentant son cas comme une farce de la justice. Tous trois demandaient à être poursuivis, sûrs de se justifier. Il semblait bien que tout leur crime fût un emprunt inconsidéré, dans un moment de gêne : quelques centaines de francs dus aux écumeurs politiques qui avaient profité de leurs embarras. La chambre, retournée en leur faveur, les jugeait plus...
Citation n°4 de Jules MICHELET (Le Peuple)
...à vrai dire, qu'un combat. Un ouvrier hardi qui inspire confiance, s'est fait commanditer ; ou bien un jeune homme veut hasarder ce qu'a gagné son père ; il part d'un petit capital, d'une dot, d'un emprunt. Dieu veuille qu'il se tire d'affaire entre deux crises ; nous en avons tous les six ans (1818, 1825, 1830, 1836). C'est toujours la même histoire ; un an, deux ans après la crise, quelques...
Citation n°5 de Jules MICHELET (Le Peuple)
...; l'homme n'est pas encore mécanisé assez profondément. Il garde la réflexion solitaire, la méditation philosophique, la pensée pure du vrai. Là, on ne peut l'atteindre, à moins qu'une scolastique d'emprunt ne le tire de lui-même pour l'engager dans ses formules. Une fois qu'il aura mis le pied dans cette roue qui tourne à vide, la machine à penser, engrénée dans la machine politique, roulera...
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